19 janvier 2007
Au jour le jour 60
Hualian, le vendredi 19 janvier
- excursion en car dans les gorges de Taroko: à-pics vertigineux de la route creusée à flancs de coteau dans les vallées étroites et marbrées, érodées en formes étranges par les pluies et le torrent. Sous la pluie, c'est moins joli, mais tout aussi impressionnant. Et comme le disent les Taiwanais optimistes, c'est un autre ganjue (感覺, feeling), l'impression de se retrouver devant une peinture de shanshui (山水, montagnes et eaux), où les sommets se perdent dans les brumes et les montagnes glissent les unes derrière les autres en un dégradé qui va du vert sombre au gris fumée (je viens d'admirer certains des plus célèbres shanshui des Song au Musée National de Taiwan, ça inspire la comparaison et influence la vision). Cependant, les sentiers glissants, le port du parapluie, les petites gouttes d'eau qui tombent des corniches dans la nuque, les planches humides du pont de bois suspendu au-dessus du précipice, si ils augmentent la dose d'adrénaline, limitent parfois l'appréciation du paysage (il est conseillé de regarder ses pieds). Évidemment, il n'y avait pas grand monde, ce qui s'avère sans nul doute un grand avantage, et les grenouilles chantent de bonheur.
- en prime, nous avons droit (la famille coréenne et moi) à la visite d'un musée de géologie absolument inintéressant, d'un magasin de marbre dans lequel tous les vendeurs et vendeuses nous sautent dessus et d'un exemple de muséographie pseudo technologique raté (presque aussi bien que le musée de Qufu, la ville natale de Confucius, dans le Shandong). Mais cette fois, en lieu et place des démons volants qui glissent sur une poulie, ce sont les étapes de la fabrication de ces pelures de poisson que l'on utilise dans la cuisine japonaise qui sont expliquées sur des petits écrans clignotants, dans une odeur étouffante de poisson et des échos de voix superposées qui se déclenchent automatiquement dans un brouhaha incohérent. Très drôle, mais pas très instructif.
14 janvier 2007
Au jour le jour 55
Taipei, dimanche 14 janvier
- visite de l'Université des Arts (Taipei Yishu Daxue) à Guandu, avec Jocelyn Chang et son amie Elma, toutes deux étudiantes de doctorat en dramaturgie, actrices, metteuses en scène, productrices de spectacles, etc. Visite du campus, exposition de dessins et impressions (litho, gravures...), librairies (achat de pièces de théâtre de dramaturges taiwanais avec conseils avises de spécialistes), discussions...
- opéra taiwanais avec Qing Ping, une amie de Jennifer qui travaille dans le théâtre pour enfants de la ville de Taipei. Trois heures étonnamment agréables de chant, poésie et wushu.
13 janvier 2007
Au jour le jour 54
Taipei, samedi 13 janvier
- vernissage d'une expo de dessins à l'encre de Chine au Bamboo Curtain Studio (Zhuwei Gonzuo Shi), à Zhuwei, près de Danshui. Yum cha (boire le thé, ce qui veut dire manger aussi) succulent de plats sucrés et salés, même si je venais de m'enfiler une soupe de vermicelles à l'oie (juteux).
- je monte dans le même métro que Su Zhean (John), un ami américain -et néanmoins prof de français (et de futurologie?) à l'Université de Danshui- de mon amie, prof et élève taiwanaise de Genève, Chang Shih-Yi, et nous allons dans un bar, puis dans une boîte très boîtée (dixit l'ami canadien) dans laquelle on rentre mianfei (gratuitement), grâce aux relations de l'ami taiwanais musicien. Les deux autres filles (taiwanaises) et moi nous trémoussons allègrement, et les garçons aussi...
12 janvier 2007
Au jour le jour 53
Taipei, vendredi 12 janvier
- encore un jour de pluie (je devrais plutôt signaler les jours de soleil, tant ils sont rares). Je regarde un film avec Xiao Ayi d'après une nouvelle ou un roman de Mo Yan (un de nos écrivains chinois préférés, car il a de l'humour, lire Le Pays de l'alcool, Beaux seins, belles fesses, Le radis de cristal...), intitulé Xiao hong hua ("Petite fleur rouge").
- journal de voyage, blog
- repas viande et légumes grillés sur plaque de métal à la japonaise au Shida Yeshi (marché de nuit de Shida).
10 janvier 2007
Au jour le jour 51
Taipei, mercredi 10 janvier
- village de sources d'eau chaude de Wulai, au sud et à l'extérieur de la ville, dans les montagnes, après un long périple en métro et en bus
- jusqu'à la chute d'eau, à deux kilomètres du village, dans un des derniers petits trains à flanc de coteau, vestige d'un mode de locomotion montagnard aujourd'hui disparu. Paysage impressionnant de montagnes couvertes d'une forêt tropicale si dense que l'on dirait des pentes de brocolis desquelles émergeraient quelques palmiers
- sources d'eau chaude naturelles au bord de la rivière. Je n'ose pas me baigner, car le costume de bain standard semble plus proche d'un ensemble T-shirt et culottes grand-mère ou mini-jupe que de mon bikini microscopique (rétrécissement du tissu ou élargissement de mes formes, je ne veux trancher). J'expérimente quand même le bain de pieds et le sauna naturel tout habillée (une planche posée au-dessus d'une source trop brûlante pour s'y baigner, dans une grotte creusée dans le flanc de la falaise et fermée d'un rideau de plastique)
- baignade enfin dans une des nombreuses salles d'eau du village (à poil). Les possibilités sont multiples mais je choisis l'une des moins chères: bassins publics (femmes), un bassin très chaud avec jets et douches haute pression, un bassin brûlant, un bassin glace, sauna, bain turc, douches et chaises longues sur la terrasse qui surplombe la rivière
- bouffe aborigène: cochon "sauvage", riz en tube de bambou, alcool de riz, légumes et soupe de poulet.
16 décembre 2006
Hong-Kong
29 novembre 2006
Au jour le jour 9
Shanghai, mercredi 29 novembre
- je prends mes quartiers à Pudong (浦東,
la zone en extra-croissance de Shanghai, de l'autre côté de la rivière) chez
Sasha, mon ami russe de Tianjin, espèce d'informaticien autiste (c'est un pléonasme
peut-être), champion de chimie d'URSS à 12 ans et complètement imperméable à la
culture chinoise, même s'il a sûrement ingurgité plus de plats chinois et de
verres de baijiu (白酒, l'alcool blanc de sorgho qui pue le vomi et que je
me refuse à boire depuis ma première et dernière expérience) que tous les
sinisants du département de chinois de l'université de Genève réunis
- visite au MOCA (Museum of Contemporary Art) de Shanghai
- promenade dans le parc sous une pluie battante, qui n'empêche cependant pas
les joueurs de mah-jong de se réunir sous des auvents
- je me réfugie dans un café pour lire Le Chant des regrets éternels de
Wang Anyi
- bouffe avec Linda, une amie slovène d'Aurélia: crabes d'eau douce (c'est la
saison), gongbaojiding (宮寶雞丁, poulet sauté épicé aux poivrons et aux cacahuètes)
et suanlatang (酸辣湯, soupe aigre-piquante, mes plats préférés de jiachangcai, 家常菜, cuisine de tous les jours)
28 novembre 2006
Au jour le jour 8
Pékin-Shanghai, lundi 28 novembre
- je vais manger un dernier canard laqué avec mon amie de Tianjin Fang Danmin, maintenant rédactrice dans une revue universitaire, mariée et tout juste enceinte
- j'arrive a attraper in extremis l'ami Wang Fan, joyeux luron et musicien électronique de l'underground pékinois, qui vient de rentrer d'une tournée dans le sud (il salue Basile, Michel et Aurélia, auxquels il fait parvenir par mon truchement son dernier disque)
- il m'accompagne avec armes et bagages jusqu'à la gare, je m'installe dans ma couchette vertigineuse et luxueuse et passe la nuit sans fermer l'oeil, plongée dans un roman policier déniché à l'aéroport d'Amsterdam.
27 novembre 2006
Au jour le jour 7
Pékin, lundi 27 novembre
- expédition jusqu'au village d'artistes de Songzhuang (lui aussi en partie récupéré, mais d'une manière plus intelligente et subtile que Dashanzi), dans la périphérie de Pékin
- bouffe d'adieu avec toute la clique dans un restaurant Lao Beijing (restos traditionnels pékinois qui servent une nourriture succulente et dans lesquels il est d'usage pour les serveurs d'éructer les commandes avec de grrands rroulements de er typiquement pékinois).
26 novembre 2006
Au jour le jour 6
Pékin, dimanche 26 novembre
- promenade dans les hutong autour de Gulou
- librairies autour de Beida, achat du billet de train pour Shanghai (trop tard, ce sera plus cher, plus confortable et moins rigolo, car je suis condamnée aux wopo, les couchettes molles, le plus haut niveau du train chinois après le sièges durs, les sièges mous et les couchettes dures), et bouffe avec Dandan













