22 avril 2009
Vietnam
“Cette crudité de verdure inouïe” (Céline,
Voyage au bout de la nuit)
Sensations inouïes… de l’humus trop
meuble s’enfonçant sous les semelles par accumulation pérenne de végétaux en
décomposition et de leur grouillement lynchéen-michalcien de fourmis et
termites au-dessous ; assourdissement des bruits citadins de
vrombissements de motos en ribambelles et du bruissement de familière étrangeté
de la jungle environnante engloutissante.
Aux crissements des ailes de grillons, si forts que leurs harmoniques se mêlent jusqu’à obtention par fusion d’un son strident aux envoûtantes modulations, se superposent au lointain, à la périphérie d’une bulle de son créée par les rideaux humides des méandres du fleuve, les touk-touk des moteurs à deux temps des barges et péniches de pêche, brassages intangibles de matière fluide par lesquels l’eau dans des réminiscences cauchemardesques se souvient de l’espoir et de la menace de pales d’hélicoptères épuisant inutilement l’air (du ventilateur anémique des nuits d’insomnie tropicales aux fantasmes d’un Apocalypse Now sans cesse en instance de répétition).
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